Dames internationales sur damier 10×10. Capture obligatoire et maximale. La diagonale est la seule route.
Dames internationales sur damier 10×10. Vingt pions par camp, déplacement en diagonale, capture obligatoire. Le gagnant est celui qui prend toutes les pièces adverses, ou qui les empêche toutes de bouger.
Le jeu de dames descend de l'alquerque de doce, un jeu de captures sur grille 5×5 attesté en Espagne médiévale, introduit par les Maures depuis le monde arabe. Au Moyen Âge, l'idée est transposée sur l'échiquier à soixante-quatre cases : on conserve la prise par saut, on adopte le damier des échecs, on emprunte au jeu d'échecs l'idée de la promotion — et le nom de la pièce promue, la « dame ». La date et le lieu exacts de cette transposition restent débattus, mais on situe généralement la naissance des dames sous cette forme entre le XIIe et le XIVe siècle, plutôt dans l'Europe du sud-ouest.
À la fin du XVIIe siècle, aux Pays-Bas, le jeu passe à un format élargi : cent cases, vingt pions par camp, capture autorisée vers l'arrière, et dames à longue portée. C'est ce qu'on appelle alors les dames à la polonaise — non parce qu'elles viennent de Pologne, mais par une convention de l'époque qui qualifiait de « polonais » ce qui paraissait inhabituel. Cette version, qui s'impose rapidement à Paris vers 1725-1730, supplante peu à peu l'ancien jeu à 64 cases dans toute l'Europe continentale. On la nomme aujourd'hui « dames internationales ».
Deux joueurs s'affrontent autour d'un damier de cent cases, dont seules les cases sombres sont utilisées. Chacun aligne vingt pions sur les quatre premières rangées de son côté. Les pions se déplacent en diagonale, d'une seule case et toujours vers l'avant. Ils capturent en sautant par-dessus une pièce adverse adjacente pour atterrir sur la case juste après ; les captures s'enchaînent, et elles sont obligatoires. Un pion qui atteint la dernière rangée est promu en dame et acquiert la capacité de glisser à longue portée dans les quatre directions. Le but est de capturer ou de bloquer toutes les pièces adverses.
Les dames internationales sont pratiquées principalement aux Pays-Bas, en France, en Belgique, en Afrique francophone, en Russie et dans les pays de l'ex-Union soviétique. La Fédération mondiale du jeu de dames (FMJD), fondée à Paris en 1947 par les fédérations française, néerlandaise, belge et suisse, organise les compétitions internationales et les championnats du monde depuis 1948.
Comme les échecs, les dames sont un objet de recherche actif en intelligence artificielle. La variante anglaise sur 8×8 (checkers) a été résolue mathématiquement en 2007 par l'équipe de Jonathan Schaeffer : avec un jeu parfait des deux côtés, la partie est nulle. La version internationale 10×10, beaucoup plus complexe, reste hors de portée d'une résolution complète, mais les programmes spécialisés y dépassent depuis plusieurs années le niveau des meilleurs joueurs humains.
Deux joueurs, quarante pions partagés (vingt clairs, vingt sombres), damier de cent cases dont cinquante jouables. Les blancs commencent. La grande diagonale du plateau relie le coin gauche de chaque joueur au coin droit de l'adversaire ; conventionnellement, le coin bas-gauche est une case sombre.
Une partie dure de quinze minutes à une heure en jeu amical, davantage en compétition. La victoire s'obtient soit en capturant toutes les pièces adverses, soit en empêchant l'adversaire de jouer (toutes ses pièces sont bloquées). Une partie sans progrès peut être déclarée nulle selon des règles précises de répétition et de fin de partie.
Chaque joueur dispose au départ de vingt pièces identiques : ce sont des pions. Pendant la partie, un pion qui atteint la dernière rangée du camp adverse est promu en dame, une pièce dotée de pouvoirs étendus. Les deux types se distinguent par leurs règles de déplacement.
Un pion ordinaire ne se déplace que d'une seule case en diagonale, et seulement vers l'avant. Depuis sa position au milieu du plateau, il a donc deux destinations possibles, indiquées en vert. Les cases en arrière, marquées d'une croix, lui sont interdites en déplacement libre.
La capture, on le verra ensuite, est la seule exception : un pion peut sauter par-dessus un adversaire en avant comme en arrière.
Une dame, reconnaissable à sa couronne, se déplace en diagonale dans les quatre directions et sur n'importe quel nombre de cases libres jusqu'à rencontrer un bord ou une autre pièce. Depuis la même position, ce ne sont plus deux destinations qui s'offrent à elle, mais dix-huit.
Cette portée explique pourquoi les dames sont souvent décisives en fin de partie : elles voient et menacent simultanément les deux extrémités d'une diagonale.
À chaque tour, un joueur déplace une de ses pièces sur une case libre adjacente en diagonale, comme on vient de le voir — sauf s'il est en mesure de capturer une pièce adverse, auquel cas la capture est obligatoire.
Une capture consiste à sauter par-dessus une pièce adverse située sur une case adjacente en diagonale, pour atterrir sur la case juste après — qui doit être libre. La pièce sautée est retirée du plateau. Et si, en arrivant, la pièce peut à nouveau capturer, elle continue : c'est une rafle, qui s'enchaîne tant que c'est possible.
Quand plusieurs rafles sont possibles, c'est obligatoirement la plus longue qui doit être jouée — celle qui capture le plus de pièces. Cette règle, dite de la prise maximale, transforme la moindre opportunité de capture en un calcul exact.
Lorsqu'un pion atteint la dernière rangée du camp adverse et qu'il s'y arrête, il est aussitôt promu en dame. La nuance compte : si le pion ne fait que traverser la dernière rangée au cours d'une rafle qui se poursuit ensuite, il ne devient dame qu'à la fin de la rafle, pas pendant. Cette subtilité empêche un pion d'utiliser la portée d'une dame au milieu d'une capture en chaîne — une règle propre aux dames internationales.
Quelques principes universellement enseignés :
Résumé synthétique des règles officielles des dames internationales (variante à 100 cases sous l'égide de la FMJD).